La majorité du Grand Conseil ne veut rien faire pour la formation continue

C'était à prévoir. Face à une proposition de créer un système de chèques de formation continue, la droite du Grand Conseil dit non. Et attend de la Confédération qu'elle le fasse à notre place. Mais elle plébiscite le fédéralisme concernant les bourses d'étude...

Depuis le vote sur l’immigration de masse, l’équation emploi et formation se pose encore plus simplement qu’avant en Suisse: comment former plus et mieux les résidentes et résidents suisses, comment les maintenir à la page pour qu’ils restent employables et employés et, si possible, qu’ils « remplacent » la main d’œuvre que nous allions chercher ailleurs avant. Le canton de Neuchâtel, avec ces milliers de frontaliers, est particulièrement concernés par cette problématique.

Les Verts ont donc déposé récemment au Grand Conseil un postulat demandant une offensive de l’Etat et des entreprises dans le domaine de la formation continue et la création d’un système de chèques formation comme cela se pratique dans d’autres cantons. Il a été balayé par la droite (58 contre et 53 pour) lors de la session d’avril, même si la proposition n’était qu’une demande d’étude.

Pas besoin de vous faire un dessin concernant le vote de l’UDC sur la question : c’était non. Il faut dire que le groupe sait très bien agiter les épouvantails pour faire accepter des propositions simplistes. Il sait moins par contre proposer des solutions pour sortir le pays de la merde dans laquelle ces propositions nous ont mises. Après moi le déluge.

Et le PLR ? Ils ont choisi de faire comme s’ils n’avaient pas compris la question et l’enjeu : oui, il faut faire quelque chose, mais pas comme ça, pas maintenant, et l’Etat en fait déjà assez – sans parler des entreprises. C’est pourtant la chambre du commerce et de l’industrie qui pleure chaque fois qu’elle le peut – c’est-à-dire quand elle ne se plaint pas des impôts – sur le manque de personnel qualifié, sur la nécessité pour l’économie d’aller chercher des forces de travail à l’étranger. Eux ne veulent donc pas voir que ne rien faire revient à permettre à des initiatives comme celle du 9 février de continuer à faire un carton.

Entre ceux qui ne veulent pas perdre leur fond de commerce et ceux qui ne veulent pas trouver de solutions, on n’est pas aidé…

Le plus paradoxal ? La question de la formation continue revient par la petite porte puisque le parlement traitera la semaine prochaine une proposition d’avis de la commission législative, rédigée autant par la gauche que la droite qui demande de répondre à la consultation fédérale qui traite justement des suites à donner au vote du 9 février. On peut y lire que « Finalement, la Confédération devrait favoriser davantage les mesures permettant de prévenir le chômage, par exemple à travers des soutiens accrus à la formation continue des adultes. ». Ne cherchez pas, pour une majorité du Parlement neuchâtelois, ce sont aux autres de faire le travail… Et ce sont les mêmes qui, concernant les bourses d’étude, expliquent qu’il faut laisser cette tâche aux cantons…

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