Accueillir et intégrer

Parce que nous n'avons pas le choix face au défi migratoire qui nous attend, nous devons renforcer deux aspects essentiels de la politique d'asile, accueillir et intégrer

Et commencer par s’indigner du traitement réservé aux réfugiés qui traversent l’Europe, que la Hongrie bastonne et envoie dans des camps, que les pays comme la France ou l’Angleterre refusent tout simplement. S’indigner aussi de l’incapacité internationale à trouver des issues aux crises humanitaires engendrées par les guerres du Proche et Moyen-Orient. Des guerres pour lesquelles l’Europe et les Etats-Unis portent une importante responsabilité. L’exemple de la Libye ou de l’Irak devrait suffire à nous convaincre que les interventions militaires sans le service après-vente ne sont pas seulement inutiles, mais carrément contreproductives.

###Accueillir###

La Suisse a une importante tradition humanitaire, ici comme ailleurs dans le monde, au travers de ses engagements comme dépositaire des conventions de Genève, comme pays ayant vu la naissance de la Croix-Rouge, comme terre d’immigration, à l’image d’un canton de Neuchâtel façonné par la présence des étrangers depuis longtemps. Depuis une décennie, la politique fédérale envers les étrangers et en matière d’asile est guidée par l’extrémisme de l’UDC. Combien de votes pour durcir le droit d’asile faudra-t-il encore pour que nous prenions conscience de l’inhumaine inutilité de ces serrages de vis ? Ce n’est pas en fermant nos frontières que nous empêcherons les personnes vivant l’enfer de la guerre ou persécutés par les dictatures d’embarquer pour une dangereuse traversée de la Méditerranée.

Arrêtons aussi cette stupide distinction entre vrais et faux réfugiés, entre ceux qui sont persécutés et ceux qui n’ont pas un rond. Ce sont souvent les mêmes ; la limite est trop floue pour permettre d’éviter des décisions arbitraires. Et évitons d’être des bisounours, je n’ai aucun problème avec le renvoi des délinquants et de ceux qui ne respectent pas le contrat tacite lié à l’intégration. Dans ce cadre-là, il serait d’ailleurs opportun d’accélérer les procédures d’asile. Il est inadmissible de renvoyer des familles dont les parents ont fait l’effort de suivre des cours de français et dont les enfants sont scolarisés depuis deux ans en Suisse, y compris – peut-être même en particulier – dans le cadre des procédures Dublin.

###Intégrer###

Le contrat d’intégration n’implique pas seulement les immigrés. Il implique une responsabilité des cantons et de la Confédération qui doivent développer et structurer les outils d’intégration. Le canton de Neuchâtel est bien placé dans ce domaine. Il existe une kyrielle de structures qui prennent en charge les réfugiés, les orientent dans les difficiles démarches liées à la procédure d’asile, donnent des cours de français ou de connaissance du fonctionnement des institutions suisses. Les enfants doivent être intégrés dans les écoles publiques. Allez voir une cours de récréation, vous verrez comme cela permet aux uns comme aux autres de se confronter pour s’imaginer ensemble un avenir. J’étais dans le bus l’autre jour, lorsque quatre jeunes africains parlent de la Braderie, de leur apprentissage et se lèvent en coeur pour aider une personne en chaise roulante à descendre du bus, alors je sais que notre système d’intégration fonctionne.

Ça ne suffit pas. Il est intéressant de constater que le système neuchâtelois fonctionne particulièrement bien parce qu’il fédère les étrangers au sein des communautés. Ce système permet des échanges, évite l’isolement lié à la langue ou la culture et permet une forme de contrôle social de ses membres. Ce fonctionnement communautaire doit toutefois éviter à tout prix la ghettoïsation à la française.

Il est intéressant de constater que ceux qui veulent aujourd’hui démonter nos systèmes d’intégration, qui n’acceptent pas le contrat implicite sont les mêmes qui veulent fermer nos frontières. Combien de fois l’UDC a-t-elle attaqué le service neuchâtelois de la cohésion multiculturelle, par pure idéologie, sans réfléchir aux conséquences à moyen et long terme d’une telle décision.

Les défis de l’immigration sont multiples. Ils ne peuvent pas être résolus à coup de discours simplificateurs comme ceux qui viennent de l’extrême droite. Surtout lorsque ceux-ci propose comme seule solution l’inutile fermeture de nos frontières.

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